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Auteurs:
P. HARDY, D. SERVANT
172 avenue des frères Lumière 69008 Lyon
NB : ce document de travail a
été présenté au cours d'un séminaire de formation du FUAG à Lyon, le12 mars 1999
PLAN
1. DÉFINITIONS
1.1. DÉFINITION GÉNÉRALE D'UNE
ÉCHELLE D'ÉVALUATION
1.2.
RAPPEL SUR LA MESURE
1.3. TYPES D'ITEMS UTILISÉS
DANS LES INSTRUMENTS D'ÉVALUATION PSYCHOPATHOLOGIQUE STANDARDISÉS
2. QUALITÉS MÉTROLOGIQUES DES ÉCHELLES
2.1. LA VALIDITÉ
2.2. LA
FIABILITÉ
2.3.
LA SENSIBILITÉ AU CHANGEMENT
3. PRÉSENTATION DES ÉCHELLES
3.1. CRITÈRES DE
CLASSEMENT DES DIVERSES ÉCHELLES EXISTANTES
3.1.1.
Selon la symptomatologie évaluée
3.1.2.
Selon l'utilisateur
3.2. INSTRUMENTS D'ÉVALUATION GLOBALE
3.2.1. Impression clinique
globale ou Clinical Global Impression (Guy, 1976)
3.2.2. Evaluation du
fonctionnement global (EGF) du DSM-IV (APA, 1994)
3.2.3. Echelle de santé-maladie de
Luborski (Luborsky, 1962)
3.3. INSTRUMENTS DE PSYCHOPATHOLOGIE GÉNÉRALE
3.3.1. Instruments
d'hétéro-évaluation
3.3.2. Instruments d'auto-évaluation
3.4. ECHELLES DE DÉPRESSION
3.4.1. Instruments
d'hétéro-évaluation
3.4.2. Instruments d'auto-évaluation
3.5. ECHELLES D'ANXIÉTÉ
3.5.1. Instruments
d'hétéro-évaluation
3.5.2. Instruments d'auto-évaluation
3.6. ECHELLES MIXTES
3.7. ECHELLES UTILISÉES DANS LES
PSYCHOSES
3.7.1.
Dans la schizophrénie
3.7.2. Dans la
manie
3.8. AUTRES DOMAINES EXPLORÉS PAR LES ÉCHELLES ET QUESTIONNAIRES
3.8.1.
En psychopathologie
3.8.2. Selon
les âges
3.8.3.
Aspects sociaux
4. UTILISATION DES ECHELLES
4.1.
RECHERCHE CLINIQUE
4.2.
RECHERCHE ÉPIDÉMIOLOGIQUE
4.3.
ESSAIS THÉRAPEUTIQUES
4.3.1.
Lors de l'inclusion
4.3.2. Mesure de l'efficacité des
traitements
4.3.3. Evaluation des effets
indésirables
5. RÈGLES GÉNÉRALES D'UTILISATION DES ECHELLES
6. CONCLUSIONS
7. RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
1.
DÉFINITIONS :
Deux approches principales sont possibles
concernant les instruments d'évaluation psychopathologique standardisée :
-
L'approche catégorielle étudie les
phénomènes psychiques comme des catégories distinctes d'autres catégories. L'approche
syndromique rentre dans ce cadre. Les instruments d'évaluation standardisée
correspondants sont destinés à établir la présence ou l'absence d'une catégorie
quelconque. Actuellement, on utilise pour ce faire des systèmes de critères
diagnostiques dits opérationnels et athéoriques (DSM-IV,
ICD-10).
-
L'approche dimensionnelle étudie les
phénomènes psychiques comme des grandeurs non directement mesurables, mais liées au
cumul d'indicateurs directement mesurables, les items. Les instruments d'évaluation
standardisée correspondants sont destinés à évaluer la grandeur à partir des
indicateurs. Actuellement, on utilise pour ce faire des échelles et questionnaires de
sévérité clinique (exemple: l'échelle d'Hamilton).
Il importe d'apporter des nuances à cette dichotomie :
-
Les frontières entre troubles psychiques sont
extrêmement floues, et l'approche catégorielle trouve ses limites dans l'existence d'une
très importante comorbidité syndromique.
-
L'introduction de niveaux de sévérité au
sein de certaines catégories diagnostiques comme l'EDM dans l'ICD ou le DSM a ajouté une
note dimensionnelle au sein d'un système majoritairement catégoriel.
-
L'existence de conditions de nombre minimal de
critères au sein des listes de critères polythétiques (DSM ou ICD) est implicitement
une sommation d'items, et définit donc un score-seuil.
-
Certaines échelles permettent de classer les
sujets dans des classes diagnostiques (ex: échelle de Newcastle).
1.1. DÉFINITION GÉNÉRALE D'UNE ÉCHELLE
D'ÉVALUATION
Une échelle d'évaluation clinique est une
formalisation standardisée de l'évaluation d'une (ou plusieurs) caractéristique(s) non
mesurable(s) directement, au moyen d'indicateurs ou item(s) mesurables directement,
permettant d'attribuer en fonction de règles logiques une ou plusieurs valeurs
numériques à la caractéristique étudiée
Cette définition est très générale et dans le
cas particulier de la psychiatrie, les caractéristiques non mesurables directement sont
des phénomènes cliniques, dont on pense qu'ils ont un caractère continu, comme
l'anxiété, la dépression, etc. On voit aussi que la mesure psychopathologique est
difficile à distinguer de la mesure en psychologie (c'est-à-dire celle qui concerne des
caractéristiques normales, comme les aptitudes ou les intérêts. On retrouve cette
difficulté de distinction quand on aborde des phénomènes tels que la qualité de vie).
Différences entre échelles et tests mentaux
Les échelles proviennent d'une évolution des
tests mentaux d'intelligence (Binet-Simon) et d'aptitude. Dans un test, les items sont des
épreuves, basées sur un support (ex : figures géométriques à classer en suite), et
sont parfois chronométrées. L'item est le plus souvent binaire (réussite ou échec de
l'épreuve). La somme des réussites (score global) est en général standardisée par
rapport à la population de référence.
Echelles -check-lists et scores globaux
Le terme d'échelle sous-entend l'utilisation de
la somme des scores des items. C'est ce qui la différencie de la check-list où on
vérifie la présence et/ou l'intensité des items, sans chercher à faire une sommation.
Dans une échelle on suppose qu'il y quelque chose de commun entre les items la composant,
qu'on appelle une dimension latente, plus ou moins théorique (construct). En
revanche, une check-list peut être composée d'items disparates.
Cette somme des scores des items est de nature
ordinale, quelle que soit la nature des items la composant. Un sujet ayant obtenu le score
de "40" sur l'échelle X n'est pas deux fois plus malade qu'un sujet coté
"20", il est simplement plus malade.
Une échelle peut donner lieu au calcul de
plusieurs scores si elle mesure plusieurs domaines ou dimensions (échelles
multidimensionnelles), et/ou donner lieu à des profils de scores (c'est par exemple
souvent le cas pour les échelles de qualité de vie).
1.2. RAPPEL SUR LA MESURE
On distingue plusieurs types de variables
-
Les variables dites binaires
(présence/absence d'une caractéristique) : donnent lieu à des opérations de comptage
(en 1/0)
-
Les variables dites catégorielles ou
nominales (exemple: la couleur des cheveux) : donnent lieu à des opérations de comptage
par catégorie.
-
Les variables dites ordinales (il existe un
ordre de grandeur entre les catégories). Ce type de variable est un des plus utilisés
dans les échelles d'évaluation psychiatriques. Ces variables permettent de classer les
sujets selon un ordre de grandeur; par exemple, l'intensité de la tristesse exprimée
peut-être définie par des paliers reflétant une intensité elle-même croissante au
moyen de chiffres (0-1-2-3-4). La valeur "4" ne signifie pas que le sujet est
deux fois plus triste qu'un sujet coté "2", mais "plus triste" que le
second (et plus triste qu'un sujet coté "3"). Ce type de variable donne lieu à
des opérations de description plus complexes (médianes, quartiles).
-
Les variables quantitatives (échelles
d'intervalle ou de ratio) sont bien plus rares en psychiatrie. Citons les mesures
biologiques, par exemple la lithiémie sérique. Une lithiémie de 1,2 mEq/l mesure une
concentration deux fois plus importante qu'une lithiémie de 0,6 mEq/l.
1.3. TYPES D'ITEMS UTILISÉS DANS LES
INSTRUMENTS D'ÉVALUATION PSYCHOPATHOLOGIQUE STANDARDISÉS
-
Items binaires. Les alternatives peuvent
être "oui/non", "présent/absent", "d'accord/pas d'accord,
"juste/faux"). Ce type d'item est parfois rencontré en auto-évaluation, mais
plus rarement en hétéro-évaluation.
-
Items ordinaux (échelles dites de Likert).
Ce type d'item est bien plus souvent rencontré que les items binaires et aussi bien en
auto qu'en hétéro-évaluation. Les paliers d'intensité ou points d'ancrage peuvent
être simplement définis à l'aide d'adjectifs (du type "absent, léger, moyen,
sévère", par exemple) ou en référence à des exemples ou à des descriptions
élaborées, notamment dans les échelles modernes (PANSS), ce qui
évite certaines ambiguïtés. La MADRS est un des
rares exemples où seuls certains paliers sont définis (pour les valeurs 0, 2, 4, 6).
-
Items dits visuels-analogiques: on situe la
réponse sur une ligne continue allant en général de 0 à 100 (absent à maximum).
Parfois, certaines valeurs sont repérées par des exemples ou des descriptions. Les items
visuels-analogiques sont de faux items quantitatifs.
2. QUALITÉS MÉTROLOGIQUES DES ÉCHELLES
2.1. LA VALIDITÉ (Nunnaly,
Carmines et Zeller)
C'est la qualité de loin la plus importante.
L'échelle mesure-t-elle bien ce qu'elle est censée mesurer ?
la validité de critère: cette propriété
s'évalue par rapport à un critère extérieur. En psychiatrie, on manque de critères de
comparaison objectifs. En revanche, certaines échelles peuvent être comparées à un
jugement clinique (validité discriminante).
la validité de construct : concerne
essentiellement le choix des items composant l'échelle - la construction de l'échelle -
cette validité s'étudie de deux façons :
soit en vérifiant empiriquement si les items se
regroupent bien selon les dimensions postulées au départ. On peut distinguer deux cas de
figures selon que l'échelle est censée suivre un modèle unidimensionnel (auquel cas on
utilise les méthodes d'analyse de Rasch -Wright et
Masters) ou un modèle pluridimensionnel (on utilise alors plutôt l'analyse
factorielle - Harman).
soit en examinant les corrélations de l'échelle
avec d'autres échelles, évaluant le même construct (si cette dernière a valeur de
référence, on parle de validité concurrente), et si possible avec des échelles
mesurant des constructs différents. On parle alors de validité convergente et
divergente, la question étant de savoir si l'instrument évalue spécifiquement le
phénomène considéré ou s'il est contaminé par d'autres ? Pour les
questionnaires d'auto-évaluation, il peut être utile de voir si l'instrument est
contaminé par des phénomènes de désirabilité sociale. On mesure alors la corrélation
de l'instrument avec un questionnaire établi de désirabilité sociale. Enfin, on peut
proposer parfois d'étudier simultanément l'influence de la méthode de recueil (auto
versus hétéro-évaluation) et la validité convergente et divergente, dans de
véritables protocoles multitrait-multiméthodes.
2.2. LA FIABILITÉ
L'échelle est-elle précise ?
-
La fiabilité temporelle (fidélité
test-retest) est surtout utile pour les auto-questionnaires de personnalité ou tous
les autres phénomènes stables. En effet, si l'évolution clinique est rapide, cette
source de changement va artificiellement dégrader les coefficients de fidélité
test-retest.
-
La cohérence interne (ou homogénéité)
est utile à la fois pour les échelles d'auto ou hétéro-évaluation, et se mesure
globalement par le niveau moyen des corrélations entre items. (Coefficient alpha de Cronbach).
-
La fidélité inter-juges (ou concordance)
est utile pour les échelles d'hétéro-évaluation : deux ou plusieurs évaluateurs
cotent le même patient (qui peut être enregistré sur cassette vidéo). L'étude de
fidélité peut porter sur le score global et/ou sur chaque item de l'échelle. On utilise
le coefficient kappa de Cohen
(et non pas le Khi-2), pour étudier la concordance sur une variable binaire ou
catégorielle, et d'autres coefficients non-paramétriques, pour les variables ordinales.
Pour les variables quantitatives, c'est le coefficient de corrélation intraclasse qui
doit être utilisé.
2.3. LA SENSIBILITÉ AU CHANGEMENT
Semble devoir être considérée comme un aspect
particulier de la validité (Hadorn) .
3. PRÉSENTATION DES ÉCHELLES
On trouvera dans le texte qui suit une
description des principales échelles utilisées dans les essais thérapeutiques. Le
lecteur qui souhaiterait plus de renseignements est invité à se référer au compendium
en deux tomes sur "L'évaluation
clinique standardisée en psychiatrie", ouvrage coordonné par le Pr Guelfi
(1993)
3.1. CRITÈRES DE CLASSEMENT DES DIVERSES
ÉCHELLES EXISTANTES
3.1.1. Selon la symptomatologie évaluée
On distingue :
-
les instruments d'évaluation globale de la
pathologie, qui mesurent l'intensité de la pathologie psychiatrique considérée comme
une dimension unique
-
les instruments de psychopathologie générale,
pluridimensionnels
-
les instruments spécifiques d'une dimension
(dépression, anxiété ...)
3.1.2. Selon l'utilisateur
On distingue :
les instruments d'hétéro-évaluation (échelles)
les instruments d'auto-évaluation
(questionnaires) ou auto-questionnaires.
Il faut savoir que les échelles
d'hétéro-évaluation peuvent reposer sur des phénomènes cliniques constatables,
comportementaux (pôle objectif), mais aussi parfois uniquement sur les déclarations du
malade (pôle subjectif).
3.2. INSTRUMENTS D'ÉVALUATION GLOBALE
3.2.1. Impression clinique globale ou Clinical
Global Impression - CGI (Guy, 1976)
Ces échelles (en fait, les CGI sont constituées
de 3 items isolés et ne sont pas des échelles à proprement parler) sont utilisées dans
la quasi-totalité des études. Le gros avantage de ces items provient de leur simplicité
d'emploi, et de leur généralisabilité à toutes les formes de pathologies, simples, ou
avec comorbidité. Les deux premiers items sont cotés sur 7 paliers de réponse, le
troisième item étant un score composite qui tient compte à la fois de l'efficacité et
des effets secondaires. On ne procède pas à la sommation des scores des 3 items, qui
peuvent être utilisés indépendamment les uns des autres.
1. Mesure de la gravité du trouble mental actuel du patient (CGI-sévérité)
0. Non évaluée
|
4. Modérément malade
|
1. Normal, pas du tout malade
|
5. Manifestement malade
|
2. A la limite
|
6. Gravement malade
|
3. Légèrement malade
|
7. Parmi les patients les plus
malades
|
2. Mesure de l'amélioration globale
(CGI-amélioration)
0. Non évaluée
|
4. Pas de changement
|
1. Très fortement
amélioré
|
5. Légèrement aggravé
|
2. Fortement amélioré
|
6. Fortement aggravé
|
3. Légèrement amélioré
|
7. Très fortement aggravé
|
3. Mesure combinée de l'effet clinique principal et des effets secondaires (CGI-index
thérapeutique)
Cet item disposant de 16
catégories (scores) de réponses possibles mesure à la fois l'effet thérapeutique sur 4
paliers (important, modéré, minime, nul ou aggravation) et les effets secondaires, là
aussi sur 4 paliers (aucun, absence d'interférence significative avec le fonctionnement
du patient, interférence significative avec le fonctionnement du patient, effets
secondaires dépassant l'effet thérapeutique.)
|
effets
secondaires
|
|
|
effet
|
thérapeutique
|
|
|
|
|
important
|
modéré
|
minime
|
nul ou aggravation
|
aucun
|
01
|
05
|
09
|
13
|
absence d'interférence
significative avec le fonctionnement du patient
|
02
|
06
|
10
|
14
|
interférence significative
avec le fonctionnement du patient
|
03
|
07
|
11
|
15
|
effets secondaires dépassant
l'effet thérapeutique
|
04
|
08
|
12
|
16
|
On remarque que le système de codage de l'index
thérapeutique donne plus de poids à l'effet thérapeutique qu'aux effets secondaires.
NB : il existe aussi pour l'auto-évaluation du
patient, les mêmes items sous le nom de PGI (Patient Global Impression).
3.2.2. Evaluation du fonctionnement global
(EGF) du DSM-IV (APA, 1994)
Cet instrument d'hétéro-évaluation permet
d'évaluer sur une échelle de 0 à 100, l'état clinique global d'un patient, à partir
de son niveau de "fonctionnement" et de son niveau symptomatique.
3.2.3. Echelle de santé-maladie de Luborski (Luborsky, 1962)
Cet instrument d'hétéro-évaluation, surtout
utilisé dans l'évaluation des psychothérapies est composé de 8 échelles
visuelles-analogiques, l'une globale et les sept autres évaluant des facettes
particulières, comme la capacité d'autonomie, la gravité des symptômes, le malaise
subjectif, les effets sur l'entourage, l'utilisation des capacités, les relations
interpersonnelles, les sources d'intérêt. La cotation est facilitée par l'emploi de
repères de scores sur certaines sous-échelles, et par des vignettes cliniques (au nombre
de 34).
3.3. INSTRUMENTS DE PSYCHOPATHOLOGIE
GÉNÉRALE
Moins utilisés actuellement. Il s'agit
d'instruments d'évaluation multidimensionnels, lourds d'emploi en raison du nombre
élevé d'items. On les utilisait principalement à des fins exploratoires pour
déterminer des profils symptomatiques sensibles à l'action d'un psychotrope d'action
floue.
3.3.1. Instruments d'hétéro-évaluation
-
Système AMDP-4 (Bobon,
1978) : comprend 100 items gradués de 0 à 4
-
Echelle d'évaluation psychopathologique
générale ou CPRS (Asberg et al, 1978) : comprend 67
items gradués de 0 à 6
-
Echelle abrégée d'appréciation psychiatrique ou
BPRS (Overall et
Gorham, 1962) : il en existe deux versions, l'une à 42 items, plus générale et une
autre à 18 items plus centrée sur la psychose. Les items sont cotés de 1 à 7 (7
paliers)
Exemple : la BPRS-18
1. Préoccupations somatiques
|
10. Hostilité
|
2. Anxiété
|
11. Méfiance
|
3. Retrait affectif
|
12. Comportement
hallucinatoire
|
4. Désorganisation
conceptuelle
|
13. Ralentissement moteur
|
5. Sentiments de culpabilité
|
14. Non-coopération
|
6. Tension
|
15. Pensées inhabituelles
|
7. Maniérisme et attitude
|
16. Emoussement affectif
|
8. Mégalomanie
|
17. Excitation
|
9. Tendances
dépressives
|
18. Désorientation
|
3.3.2. Instruments d'auto-évaluation
General Health Questionnaire ou GHQ (Goldberg, 1972) : il
en existe plusieurs versions (60, 30, 28 et 12 items sur 4 paliers).
3.4. ECHELLES DE DÉPRESSION
3.4.1. Instruments d'hétéro-évaluation
-
Echelle de Hamilton ou HDRS (1967), dont
il existe plusieurs formes, à 17 (la plus utilisée), 21, 23, et 26 items, les paliers
étant variables (de 0 à 2, à 3 et 4)
Echelle de Montgomery et Asberg ou MADRS (1979) : 10 items, Paliers de cotation = 0-6
(semi-définis)
Échelle de Bech-Rafaelsen ou BRMES (1980) : 11 items cotés de 0 à 4
Echelle de Ralentissement Dépressif de Widlöcher
ou ERD (1983) : 14 items cotés de 0 à 4 Diagramme HARD (pour Humeur, Anxiété, Ralentissement et Danger) de Ferreri
et Rufin (1984) : 12 items cotés de 0 à 6
Exemple 1 : échelle de dépression de Hamilton (HDRS) dans sa version 24 items - le
plus souvent seuls les 17 premiers items sont utilisés
1. Humeur dépressive
|
13. Symptômes somatiques
généraux
|
2. Sentiments de culpabilité
|
14. Symptômes génitaux
|
3. Suicide
|
15. Hypocondrie
|
4. Insomnie du début de la
nuit
|
16. Perte de poids
|
5. Insomnie du milieu de la
nuit
|
17. Prise de conscience
(autocritique)
|
6. Insomnie du matin
|
18. Variations dans la
journée
|
7. Travail et activités
|
19. Dépersonnalisation et
déréalisation
|
8. Ralentissement
|
20. Symptômes délirants de
persécution
|
9. Agitation
|
21. Symptômes obsessionnels
|
10. Anxiété psychique
|
22. Sentiment d'impuissance
|
11. Anxiété somatique
|
23. Sentiment d'être sans
espoir
|
12. Symptômes somatiques
gastro-intestinaux
|
24. Sentiment de
dévalorisation
|
EXEMPLE 2 : échelle de Montgomery et Asberg
MADRS
1. Tristesse apparente
|
6. Difficultés de
concentration
|
2. Tristesse exprimée
|
7. Lassitude
|
3. Tension intérieure
|
8. Incapacité à ressentir
|
4. Réduction de sommeil
|
9. Pensées pessimistes
|
5. Réduction de
l'appétit
|
10. Idées de suicide
|
3.4.2. Instruments d'auto-évaluation
-
Questionnaire de dépression de Beck ou BDI (1961) dont il existe 3
versions (13, 21, 25 items). Les items sont cotés de 0 à 3
-
Questionnaire de dépression ou QD de Pichot (1984) dont il existe une forme longue QD2 (52
items) et une forme abrégée QD2A à 13 items binaires.
-
Questionnaire de Carroll (1981) : correspond d'assez près à la
HDRS. 52 items binaires.
-
Questionnaire Center for Epidemiologic Studies
Depression scale ou CES-D (Radloff, 1977) : 20 items
cotés de 0 à 3
3.5. ECHELLES D'ANXIÉTÉ
3.5.1. Instruments d'hétéro-évaluation
-
Echelle d'anxiété de Hamilton ou HARS (1959) : 14 items cotés
de 0 à 4
-
Echelle brève d'anxiété de Tyrer (1984) : 10 items cotés de 0 à 6
-
Echelle de Covi (Lipman & Covi 1976) : 3 items
cotés de 1 à 5
-
Diagramme FARD de Ferreri
(1988) : 12 items cotés de 0 à 6
-
Echelle d'anxiété de l'AMDP ou AMDP-AT (Bobon, 1985) : 17 items cotés de 0 à 5
On trouve aussi des instruments qui mesurent des aspects
particuliers de l'anxiété :
L'échelle d'évaluation des phobies, attaques de
panique, et anxiété généralisée de Cottraux (1993), est un
instrument simple qui permet de mesurer simultanément plusieurs aspects particuliers de
l'anxiété.
L'inhibition anxieuse par l'échelle de Widlöcher
et Pull WP2 (1988) : 10 items cotés de 0 à 4
Les phobies sont plutôt mesurées par des
auto-questionnaires (cf ci-dessous)
Les obsessions, avec la liste des activités compulsives de
Marks (1977) qui comporte 37 items cotés de 0 à 3, et qui peut aussi être
utilisée en auto-évaluation, et l'échelle d'obsession-compulsion de Yale Brown ou YBOCS de Goodman et al (1989) qui
comporte 10 items cotés de 0 à 4
EXEMPLE 1 : La HARS (ECHELLE D'APPRÉCIATION DE L'ANXIÉTÉ DE HAMILTON)
|
1. HUMEUR
ANXIEUSE
Inquiétude - Attente
du pire - Appréhension (anticipation avec peur) - Irritabilité
|
8. SYMPTOMES
SOMATIQUES GENERAUX (SENSORIELS)
Tintement d'oreilles -
Vision brouillée - Bouffées de chaleur ou de froid -
Sensations de
faiblesse - Sensations de picotements
|
|
2. TENSION
Sensations de tension
- Fatigabilité - Impossibilité de se détendre - Réactions de sursaut -
Pleurs faciles -
Tremblements - Sensations d'être incapable de rester en place
|
9.
SYMPTOMES CARDIOVASCULAIRES
Tachycardie -
Palpitations - Douleurs dans la poitrine - Battements des vaisseaux -
Sensations syncopales
- Extrasystoles
|
|
3. PEURS
Du noir - Des gens
qu'on ne connaît pas - D'être abandonné seul - Des gros animaux, etc -
De la circulation - De
la foule
|
10.
SYMPTOMES RESPIRATOIRES
Poids sur
la poitrine ou sensation de constriction - Sensations
d'étouffement - Soupirs - Dyspnée
|
|
4.
INSOMNIE
Difficultés
d'endormissement - Sommeil interrompu - Sommeil non satisfaisant avec
fatigue au réveil -
Rêves pénibles - Cauchemars - Terreurs nocturnes
|
11. SYMPTOMES
GASTRO-INTESTINAUX
Difficultés pour
avaler - Vents - Dyspepsie - Douleur avant/après le repas -
Sensations de brûlure
- Ballonnements - Pyrosis - Nausées - Vomissements - Creux à l'estomac -
Coliques abdominales -
Borborygmes - Diarrhée - Perte de poids - Constipation
|
|
5. FONCTIONS
INTELLECTUELLES (COGNITIVES)
Difficultés de
concentration - Mauvaise mémoire
|
12. SYMPTOMES
GENITO-URINAIRES
Aménorrhée -
Ménorragies - Apparition d'une frigidité - Mictions fréquentes -
Urgence de la miction
- Ejaculation précoce - Absence d'érection - Impuissance
|
|
6. HUMEUR
DEPRESSIVE
Perte des intérêts -
Ne prend plus plaisir à ses passe-temps - Dépression -
Insomnie du matin -
Variations de l'humeur dans la journée
|
13. SYMPTOMES
DU SYSTEME NERVEUX AUTONOME
Bouche sèche -
Accès de rougeur - Pâleur - Tendance à la sudation - Vertiges -
Céphalée de tension
- Horripilation
|
|
7.
SYMPTOMES SOMATIQUES GENERAUX (MUSCULAIRES)
Douleurs et
courbatures dans les muscles - Raideurs musculaires -
Sursauts musculaires -
Secousses cloniques - Grincements des dents - Voix mal assurée
|
14.
COMPORTEMENT LORS DE L'ENTRETIEN
(GENERAL) :
Tendu, non à son aise
- Agitation nerveuse des mains - Tripote ses doigts - Serre les poings -
Tics - Serre son
mouchoir - Instabilité va-et-vient - Tremblement des mains - Front plissé -
Faciès tendu -
Augmentation du tonus musculaire - Respiration haletante - Pâleur faciale
(PHYSIOLOGIQUE) :
Avale sa salive -
Eructations - Tachycardie au repos - Rythme respiratoire à plus de 20/mn - Réflexes
tendineux vifs - Tremblement - Dilatation pupillaire - Exophtalmie - Sudation
- Battements des paupières
|
EXEMPLE 2 : ÉCHELLE D'ANXIÉTÉ DE COVI
|
1. DISCOURS DU SUJET : Nerveux, pas dans son
assiette, agité, effrayé sans raison, peureux, tendu, noué, doit éviter certaines
conduites, certains lieux, difficultés à se concentrer. |
|
2. COMPORTEMENT : Semble effrayé,
mal à l'aise, agité, angoissé. |
|
3. PLAINTES SOMATIQUES : Sudation,
tremblements, sensation de striction cardiaque, tachycardie, oppression respiratoire,
sensation de chaud ou froid, sommeil agité, estomac noué, boule dans la gorge. |
3.5.2. Instruments d'auto-évaluation
Questionnaire BATE
de De Bonis (1975) explore séparément l'anxiété-trait et l'anxiété-état : en
fait deux questionnaires, l'un de 37 items, l'autre de 40, cotés de 0 à 4.
State-Trait Anxiety Inventory ou STAI de Spielberger (1983) explore lui aussi
séparément l'anxiété-trait et état : deux formes YA et YB, 40 items au total, cotés
de "non" à "oui", sur 4 paliers.
Et pour les aspects spécifiques (phobies et
obsessions)
le questionnaire de peurs de
Marks et Mattews (1979) : 17 items cotés de 0 à 8 selon l'intensité de l'évitement
L'échelle des peurs (Fear Survey Schedule III) de Wolpe et Lang
(1964) : 72 items cotés de "pas du tout" à "énormément"
L'échelle d'affirmation de soi de Rathus (1973) utilisée dans la phobie sociale, comprend 30 items
cotés de 1 à 6.
La liste des activités compulsives (cf
ci-dessus en hétéro-évaluation).
3.6. ECHELLES MIXTES
Exemple: Auto-questionnaire HAD
de Zigmond et Snaith (1983): 14 items (7 d'anxiété, 7 de dépression)
Paliers de cotation = 0 à 3
(A) 01. Je me sens tendu ou énervé
(D) 02. Je prends plaisir aux mêmes choses
qu'autrefois
(A) 03. J'ai une sensation de peur comme si
quelque chose d'horrible allait m'arriver
(D) 04. Je ris facilement et vois le bon côté
des choses
(A) 05. Je me fais du souci
(D) 06. Je suis de bonne humeur
(A) 07. Je peux rester tranquillement assis à ne
rien faire et me sentir décontracté
(D) 08. J'ai l'impression de fonctionner au
ralenti
(A) 09. J'éprouve des sensations de peur et j'ai
l'estomac noué
(D) 10. Je ne m'intéresse plus à mon apparence
(A) 11. J'ai la bougeotte et n'arrive pas à
tenir en place
(D) 12. Je me réjouis d'avance à l'idée de
faire certaines choses
(A) 13. J'éprouve des sensations soudaines de
panique
(D) 14. Je peux prendre plaisir à un bon livre
ou à une bonne émission de radio ou de télévision
NB : A = items d'anxiété D = items de
dépression
3.7. ECHELLES UTILISÉES DANS LES PSYCHOSES
3.7.1. Dans la schizophrénie
-
Positive and Negative Symptom Scale ou PANSS de Kay et al (1987) : 30 items cotés de 1 à 7
-
Scale for the Assessment of Negative Symptoms ou SANS d'Andreasen (1989) : 34 items cotés de 0 à 5.
-
Scale for the Assessment of Positive Symptoms ou SAPS d'Andreasen (1984) : 25 items cotés de 0 à 5.
3.7.2.
Dans la manie
Mania Rating Scale ou MRS de Young
et al (1978) :
La Bech Rafaelsen Mania Rating Scale ou BRMS (1979) : 11 items cotés de 0 à 4
3.8. AUTRES DOMAINES EXPLORÉS PAR LES
ÉCHELLES ET QUESTIONNAIRES
3.8.1. En psychopathologie
3.8.2 . Selon
les âges
3.8.3. Aspects sociaux
-
autonomie
-
adaptation sociale
-
réseaux sociaux
-
qualité de vie
4. UTILISATION DES ECHELLES
Il existe trois champs principaux d'application
des échelles
Ces instruments sont théoriquement utilisables en pratique clinique quotidienne, mais
rares sont les psychiatres qui en font un usage régulier.
4.1. RECHERCHE CLINIQUE :
4.2. RECHERCHE ÉPIDÉMIOLOGIQUE :
Dépistage et/ou diagnostic de certains troubles
mentaux (anxieux et/ou dépressifs en particulier), en population générale ou en milieu
médico-chirurgical. Certains questionnaires (type GHQ, HAD, QD2A) sont validés dans ce
but.
4.3. ESSAIS THÉRAPEUTIQUES
Les échelles peuvent servir :
-
Lors de l'inclusion des patients (sur la base d'un
score seuil minimum)
-
Pour mesurer l'efficacité du traitement
-
Pour évaluer les effets indésirables
Plusieurs instruments peuvent être utilisés en
fonction des différents objectifs de l'étude.
4.3.1. Lors de l'inclusion
-
Une échelle peut servir à appliquer un critère
catégoriel, par exemple à sélectionner un type de dépression, comme les
dépressions dites endogènes, avec l'échelle de Newcastle.
Sinon, la plupart du temps, on applique un
critère dimensionnel de sévérité par fixation d'un score-seuil, par ex
: 20 à la MADRS, 18 pour la HDRS-17 ou 23 pour la HDRS-24.
4.3.2. Mesure de l'efficacité du traitement
Il existe deux façons d'analyser l'efficacité
d'un traitement (qui peuvent être associées) :
-
Choix d'un critère binaire ou catégoriel
: détermination des répondeurs ou des patients considérés comme guéris.
Actuellement on dit plutôt rémission partielle et rémission totale. Une réduction de
50% du score initial est volontiers utilisée comme critère de rémission partielle.
L'obtention d'un score final en-dessous d'un certain seuil est volontiers utilisée pour
définir les rémissions totales. Par exemple un score compris entre 7 et 10 pour la
HDRS-17. Ces critères ont chacun leurs avantages et inconvénients. Par exemple un
score-seuil sera atteint plus facilement en cas de trouble léger ou modéré qu'en cas de
trouble sévère.
-
Choix d'un critère quantitatif : étude
des différences de scores moyens à la fin de l'essai. On peut aussi étudier les
différences de changement (la variable d'intérêt n'est plus le score global mais la
différence de score entre J0 et la fin de l'essai).
-
Parfois, au lieu de procéder à l'analyse du
score global, on étudie des sous-scores (sous-dimensions), validés par des
études psychométriques préalables. Cette stratégie doit être spécifiée dans le
protocole a priori, et non pas décidée a posteriori. C'est la même chose pour les items
isolés : certains items sont considérés par tel ou tel auteur comme des
symptômes-cibles du traitement. L'analyse item par item, si elle est envisagée a priori
(il faut refuser les analyses a posteriori), ne peut servir de critère d'analyse
principal (le dogme dit : un essai = une question = un critère), et le seuil de
significativité alpha retenu doit être ajusté au nombre de tests pratiqués.
4.3.3. Evaluation des effets indésirables
Au lieu d'un recueil des effets indésirables
ouvert ou dirigé par appareil, il est possible de vérifier la présence d'effets
indésirables au moyen de check-lists ou d'échelles (cf différence entre échelles et
check-list plus haut). Ces instruments doivent être couplés à un recueil libre au cas
où un effet secondaire rare, non listé, survienne. Parfois lourds d'utilisation, ils
permettent néanmoins d'étudier des dimensions d'effets secondaires qui ont tendance à
varier en commun (ex : syndrome anticholinergique des antidépresseurs).
Instruments :
-
La check-list d'évaluation des symptômes
somatiques ou CHESS 84 de Guelfi et Pull (1983) : 67 items avec un
système de codage complexe mesurant l'intensité et le rapport possible avec le
traitement
-
Echelle UKU est utile
plutôt pour les neuroleptiques (Lingjaerde et al, 1987) : 48 items cotés de 0 à
3
-
Echelle d'effets secondaires extrapyramidaux de Simpson
et Angus (1970)
5. RÈGLES GÉNÉRALES D'UTILISATION DES ECHELLES
Respect du cadre psychopathologique de validation
Apprentissage (séances d'entraînement à la
cotation)
Respect des règles de passation :
-
Intervalle entre 2 cotations 4-8 jours
: évite l'effet "test-retest" donne une période d'évaluation suffisante.
-
Horaires identiques d'une cotation à l'autre pour
contrôler l'influence des variations nycthémérales
-
Consignes pour le recueil des données : se fier
aux réponses du sujet plus qu'à ses propres interprétations, coter 0 tout item non
documenté, faire appel aux sources d'information extérieures (famille, personnel
soignant ...)
6. CONCLUSIONS
Les échelles d'évaluation offrent de nombreux
avantages, notamment en permettant une rigueur du recueil d'information clinique, en
facilitant la communication scientifique grâce aux possibilités d'utilisation des
méthodes statistiques. Cependant, il existe des inconvénients, comme une croyance
fétichiste dans les chiffres, l'absence d'évolution concertée des échelles une fois
publiées et la multiplication de versions empêchant les comparaisons, les incertitudes
sur la validité (de construct) et la fidélité inter-juges qui sont souvent mal
évaluées, le caractère astreignant du remplissage, qui peut représenter une gêne dans
la relation-malade, entraînant le médecin à coter de façon rapide et approximative.
7.
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